L'Histoire-géographie au lycée Saint-Exupéry de Brazzaville

L'Histoire-géographie au lycée Saint-Exupéry de Brazzaville

Conférences à l'IFC


Camp de Thiaroye

Festival Image et Histoire

Les Africains se réapproprient leur histoire :  l’exaltation des prémices de l’indépendance

Camp de Thiaroye de Sembène Ousmane (1988)

IFC. Samedi 19 mai à 16h30

 

Si le film a été jugé trop manichéen, didactique ou prenant des libertés avec une réalité historique traitée de manière trop binaire il n’en reste pas moins que son symbolisme est au service d’un violent réquisitoire contre un monde raciste et ségrégué qui n’a plus lieu d’être.

La répression a marqué de manière indélébile la mémoire sénégalaise et le film entretient la flamme du souvenir en étant en porte à faux avec une histoire écrite par les dominants.

Ce film-charge contre le racisme- et pas seulement contre  une nation ingrate, « oublieuse de sa mission d’hier » (Senghor) -  veut témoigner de l’éveil des consciences et s’inscrire dans la longue histoire des résistances africaines pour l’obtention de la dignité humaine (après Emitai et Ceddo et avant Guelwaar)

La seule alternative aux Africains est le rejet radical et absolu de la présence française et la décolonisation dans le cadre d’un panafricanisme assumé.

Le sergent-chef  Diatta, « Pays », l’afro-américain, les officiers gaullistes et ex-vichystes  constituent une galerie d’acteurs d’une page sanglante de l’histoire mais composent surtout une fresque qui confère à ce film une dimension universelle dépassant  la simple tragédie coloniale.

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14/05/2017
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Le grand blanc de Lambaréné

Festival Image et Histoire

La déconstruction du héros colonial

Le Grand blanc de Lambaréné de Bassek Ba Kobhio (1995)

IFC vendredi 18 mai à 15h30

Difficile de se frayer un chemin entre l’entreprise hagiographique et la démythification/ démystification de ce Prix Nobel, pasteur, théologien, philosophe et enfin médecin sur le tard, « un filou qui fait trimer les noirs dans son hôpital à la gomme » dira J.P Sartre.

Albert Schweitzer  est d’abord un homme de son temps, ancré dans un système colonial et dont le succès repose, au-delà d’une éventuelle imposture (A.Audoynaud)  sur « un malentendu productif » (A. Emane)

Oublié  en France aujourd’hui (à l’exception de l’Alsace où Gunsbach fait toujours l’objet d’un pèlerinage) sa mémoire reste encore vivace au Gabon.

L’œuvre iconoclaste de Bassek Ba Kobhio nous dévoile un Schweitzer humain, même dans ses colères, cherchant à subsumer ses contradictions mais toujours « au bord du chemin », « ne prenant jamais la piste », enfermé, au moment des indépendances, dans des schèmes de pensée d’un autre âge.

De « Il est minuit docteur Schweitzer » au « Grand blanc de Lambaréné » la production cinématographique interroge le cas de ce médecin atypique, sublimant d’abord son message pour ensuite relever toutes les ambiguïtés  du personnage.

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14/05/2017
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Sarraounia

Festival Image et Histoire 4ème édition

 

Les Africains se réapproprient leur histoire: l'invention des mythes

Sarraounia de Med Hondo (1986)

IFC mardi 16 mai à 16h30

La bataille de Lougou  fait l’objet  d’évocations sommaires dans les sources françaises ; simple escarmouche dans  cette tragédie coloniale que fut la mission Afrique centrale. Sarraounia qui n’est mentionnée que dans une tradition orale circonscrite à l’Aréwa devient avec Abdoulaye Mamani  et Med Hondo  une héroïne, reine guerrière et magicienne défiant ses voisins musulmans et  contribuant à l’échec de la mission Voulet –Chanoine, scellant ainsi le sort de ses deux protagonistes. Surtout elle incarne un projet de société révolutionnaire fondé sur des idéaux de liberté, de dignité et de tolérance dont  le griot se doit de conserver la mémoire.

Le mythe littéraire, par réécritures successives et glissement de sens, évacue ce coté subversif pour faire de la reine des Aznas un symbole consensuel, symbole de la résistance à la pénétration française.  Cette figure s’historicise et structure désormais l’imaginaire et les représentations de l’histoire coloniale au Niger et en Afrique.

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14/05/2017
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Géopolitique des mafias

Géopolitique des mafias

Gomorra

Matteo Garrone (2008)

 

Samedi 15 avril à 15h (IFC)

 

Le film de Matteo Garrone inspiré de l’œuvre éponyme de Roberto Salviano (qui, au péril de sa vie, à infiltré le « Système ») nous plonge, à travers ses 6 personnages et sa pluri-narration dans le quotidien violent et les guerres incessantes des familles de la Camorra dont les activités gangrènent l’économie de la Campanie (du trafic de drogue dans les cités-dortoirs napolitaines de Scampia et de Secondigliano au  trafic des déchets de produits toxiques et à la contrefaçon de la haute couture)

 L’occasion pour nous d’aborder la géopolitique du crime organisé -de la Cosa Nostra aux Yakuzas- en  pénétrant dans l’essence des mafias, stades suprêmes du crime organisé et de distinguer les caractères de ces entités « protoplasmiques »,  «  parasitaires » et « polymorphes » (J. F. Gayraud) ancrées dans leur territoire mais aux pratiques développées en réseaux et maîtrisant parfaitement les mécanismes d’une mondialisation. Car les mafias sont des organisations qui doivent d’abord  leur succès et leur pérennité  à leur capacité d’adaptation aux soubresauts historiques (S. Lupo) mais elles  sécrètent aussi une sous-culture et les comportements de ses affidés peuvent justement s’inspirer des archétypes véhiculés par le cinéma (américain ou japonais)  qui, involontairement ou non, légitime cette violence crue.

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01/04/2017
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La mort d’un tyran : Staline et le stalinisme

La mort d’un tyran : Staline et stalinisme

Une exécution ordinaire

Marc Dugain. 2010

25 mars à l'IFC (15h)

Pénétrer dans l’intimité du « tsar rouge » (du « cercle des intimes » d’Andreï Kontchalovski au « divan de Staline » de Fanny Ardant actuellement sur les écrans) n’est pas un exercice facile, a fortiori si l’intrigue se déroule dans les derniers mois de sa vie. Pari réussi pour Marc Dugain, qui passe derrière la caméra et met à l’écran le premier chapitre de  son roman éponyme.

Cette exploration intimiste a  l’avantage de restituer le climat de terreur et de dévoiler les arcanes du pouvoir de  ce dictateur vieilli prématurément, empâté et au visage grêlé laissant ses victimes mais aussi ses complices  dans une constante incertitude et une éternelle angoisse.

L’écrivain-réalisateur ne fait pourtant pas l’impasse sur la tragédie du  totalitarisme stalinien (comme on le lui a reproché) elle est, certes,  en filigrane dans le film mais bien présente.

L’occasion pour nous de révéler les mécanismes de ce régime: la pratique du pouvoir, l’asservissement d’une société terrorisée et embrigadée, l’antisémitisme enfin qui se déploie dans les dernières années du règne du Vojd et dont l’ultime avatar est le « complot des blouses blanches » qui plongera notre héroïne dans l’enfer du kremlin.

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01/04/2017
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