L'Histoire-géographie au lycée Saint-Exupéry de Brazzaville

L'Histoire-géographie au lycée Saint-Exupéry de Brazzaville

Image et Histoire


Civilisations mystérieuses, civilisations disparues.

2ème  partie

Le secret des cités mayas

Apocalypto

Mel Gibson. 2006

 IFC

14 Octobre 2017

 

A  la vision romantique  d’une civilisation maya pacifique relayée par les artistes et voyageurs au XVIIIème siècle puis par les savants et photographes au siècle suivant la deuxième moitié du XXème  s. apportera de cinglants démentis ; les peintures de Bonampak, le déchiffrement des glyphes révèlent des cités belliqueuses pratiquant des sacrifices humains et dont les rois garantissent, par une série de rites (dont l’automutilation) le bon fonctionnement de l’ordre cosmique.

On se perd en conjectures sur l’effondrement des cités mayas des Basses- Terres à la fin du premier millénaire : dépenses somptuaires d’une politique édilitaire ruineuse,  compétition permanente entre  rois,  guerres perpétuelles entre cités rivales, surpopulation, catastrophes naturelles se sont sans doute mêlées. Le coup mortel des conquistadors aura raison des cités  du Yucatan au XVIème s.

La perception d’un temps cyclique révélée par les calendriers, les prédictions présentes dans les 3 codex ont également  nourri l’imagination sur une illusoire croyance en la fin du monde.

Ce sont ces sources d’interrogations qui nourrissent le film de Mel Gibson, à l’historicité contestée (malgré la présence du maya yucatèque) et dont la  violence terrible  est au service d’une mise en scène spectaculaire.(Figuéréo Ch.)

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04/10/2017
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Civilisations mystérieuses, civilisations disparues.

Les mystères des l’île de Pâques

Rapa-Nui

Kevin  Reynolds. 1994

23 Septembre 2017

IFC 15H

 

Le soir du dimanche 5 avril 1722, jour de Pâques, la flotte de l’amiral Roggeveen aborde une île minuscule, aride et faiblement peuplée. Des statues monumentales, se dressant sur la côte, frappent de stupeur l’équipage.

Dans leur quête vaine et obsessionnelle d’un continent austral (Terra australis incognita) les navigateurs du XVIIIème  ne pouvaient ignorer l’île polynésienne.

La légende prend corps : quelle est la signification de ces mégalithes? Comment ont-ils pu être transportés sur cette île dépourvue de bois ? Les moai déchaînent les imaginations: voyageurs et  écrivains rivalisent d’explications farfelues et délirantes.

Pour les lignages rivaux qui descendent des  marins émérites  arrivés sur leur catamaran au terme de leur folle course transocéanique ils sont l’incarnation de leurs  ancêtres déifiés.

La trame du film Rapa Nui est   la fête de l’homme –oiseau (Tangata manu),   où le vainqueur devenait un homme-dieu pendant une année, vérité historique quelque peu subvertie au  nom d’une fable écologique. Se poser la question de l’effondrement de la société pascuane c’est effectivement aussi  se poser la question de l’interaction entre dégradation environnementale, changement climatique et sociétés humaines (Jared Diamond) Question brûlante d’actualité ! (Figuéréo Ch.)

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04/10/2017
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Camp de Thiaroye

Festival Image et Histoire

Les Africains se réapproprient leur histoire :  l’exaltation des prémices de l’indépendance

Camp de Thiaroye de Sembène Ousmane (1988)

IFC. Samedi 19 mai à 16h30

 

Si le film a été jugé trop manichéen, didactique ou prenant des libertés avec une réalité historique traitée de manière trop binaire il n’en reste pas moins que son symbolisme est au service d’un violent réquisitoire contre un monde raciste et ségrégué qui n’a plus lieu d’être.

La répression a marqué de manière indélébile la mémoire sénégalaise et le film entretient la flamme du souvenir en étant en porte à faux avec une histoire écrite par les dominants.

Ce film-charge contre le racisme- et pas seulement contre  une nation ingrate, « oublieuse de sa mission d’hier » (Senghor) -  veut témoigner de l’éveil des consciences et s’inscrire dans la longue histoire des résistances africaines pour l’obtention de la dignité humaine (après Emitai et Ceddo et avant Guelwaar)

La seule alternative aux Africains est le rejet radical et absolu de la présence française et la décolonisation dans le cadre d’un panafricanisme assumé.

Le sergent-chef  Diatta, « Pays », l’afro-américain, les officiers gaullistes et ex-vichystes  constituent une galerie d’acteurs d’une page sanglante de l’histoire mais composent surtout une fresque qui confère à ce film une dimension universelle dépassant  la simple tragédie coloniale.

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14/05/2017
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Le grand blanc de Lambaréné

Festival Image et Histoire

La déconstruction du héros colonial

Le Grand blanc de Lambaréné de Bassek Ba Kobhio (1995)

IFC vendredi 18 mai à 15h30

Difficile de se frayer un chemin entre l’entreprise hagiographique et la démythification/ démystification de ce Prix Nobel, pasteur, théologien, philosophe et enfin médecin sur le tard, « un filou qui fait trimer les noirs dans son hôpital à la gomme » dira J.P Sartre.

Albert Schweitzer  est d’abord un homme de son temps, ancré dans un système colonial et dont le succès repose, au-delà d’une éventuelle imposture (A.Audoynaud)  sur « un malentendu productif » (A. Emane)

Oublié  en France aujourd’hui (à l’exception de l’Alsace où Gunsbach fait toujours l’objet d’un pèlerinage) sa mémoire reste encore vivace au Gabon.

L’œuvre iconoclaste de Bassek Ba Kobhio nous dévoile un Schweitzer humain, même dans ses colères, cherchant à subsumer ses contradictions mais toujours « au bord du chemin », « ne prenant jamais la piste », enfermé, au moment des indépendances, dans des schèmes de pensée d’un autre âge.

De « Il est minuit docteur Schweitzer » au « Grand blanc de Lambaréné » la production cinématographique interroge le cas de ce médecin atypique, sublimant d’abord son message pour ensuite relever toutes les ambiguïtés  du personnage.

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14/05/2017
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Sarraounia

Festival Image et Histoire 4ème édition

 

Les Africains se réapproprient leur histoire: l'invention des mythes

Sarraounia de Med Hondo (1986)

IFC mardi 16 mai à 16h30

La bataille de Lougou  fait l’objet  d’évocations sommaires dans les sources françaises ; simple escarmouche dans  cette tragédie coloniale que fut la mission Afrique centrale. Sarraounia qui n’est mentionnée que dans une tradition orale circonscrite à l’Aréwa devient avec Abdoulaye Mamani  et Med Hondo  une héroïne, reine guerrière et magicienne défiant ses voisins musulmans et  contribuant à l’échec de la mission Voulet –Chanoine, scellant ainsi le sort de ses deux protagonistes. Surtout elle incarne un projet de société révolutionnaire fondé sur des idéaux de liberté, de dignité et de tolérance dont  le griot se doit de conserver la mémoire.

Le mythe littéraire, par réécritures successives et glissement de sens, évacue ce coté subversif pour faire de la reine des Aznas un symbole consensuel, symbole de la résistance à la pénétration française.  Cette figure s’historicise et structure désormais l’imaginaire et les représentations de l’histoire coloniale au Niger et en Afrique.

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14/05/2017
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